Plus d'images...
"Le Brésil est un pays incroyablement jeune et en plein essor, l’éducation et le développement culturel y sont l’objet d’une attention quasi obsessionnelle de la part du gouvernement fédéral, mais aussi des gouvernements des différents États et villes", Anne Bouteloup
Biennale internationale du livre de Rio de Janeiro, des impressions contrastées
À la demande des éditeurs, le BIEF a de nouveau programmé cette manifestation à laquelle il était présent pour la dernière fois en 2005, année de l’invitation d’honneur de la France.
Un bilan mitigé pour cette biennale , qui se tient dans deux halls d’exposition situés en dehors de la ville de Rio, impliquant des trajets aller-retour de près de 3 heures par jour, et qui reste grand public, malgré les trois journées professionnelles annoncées par les organisateurs.
Le BIEF a exposé les ouvrages des maisons d’édition ayant participé à l’opération « Foires du Monde » sur un stand de 50 m² qui, de par sa configuration, était très difficile d’agencer, « limitant ainsi la visibilité de notre production », comme l’a remarqué Anne Risaliti (Hatier – Didier jeunesse).
Si les éditeurs brésiliens basés à Rio de Janeiro étaient en grande partie présents, les éditeurs localisés à São Paulo sont de moins en moins nombreux à venir à cette foire, la raison invoquée étant leur déplacement à la Foire du livre de Francfort à la mi-octobre. Certains éditeurs français ont donc fait une escale à São Paulo pour les rencontrer.
Les éditeurs français présents – Anne Bouteloup (Gallimard Jeunesse), Anne Risaliti (Hatier - Didier Jeunesse), Edmond Lee (Humanoïdes Associés), Évelyne Le Bourse (Larousse) – rendent compte d’une expérience de cette foire contrastée.
Certains n’ont pas eu le nombre de rendez-vous escompté, « un constat décevant puisque notre motivation et nos attentes étaient importantes », regrette Anne Risaliti, et d’autres ont été plus que satisfaits de leur déplacement, comme Anne Bouteloup qui, en deux jours et demi, a pu « rencontrer seize éditeurs, renouer certains contacts perdus depuis quelques années, développer la relation avec des contacts réguliers et en créer de nouveaux ».
Anne Bouteloup (Gallimard Jeunesse) : « Le Brésil est devenu un marché incontournable qui semble avoir un certain tropisme pour l’édition française ».
« Malgré les difficultés pour rallier le lieu où elle se déroulait, excessivement excentré et pris dans des embouteillages monstres, cette foire a été très positive dans notre compréhension de ce marché plus qu’émergent, très dynamique, et pour l’intensification de nos relations avec les éditeurs brésiliens, déjà bien développées. En deux jours et demi, j’ai pu rencontrer seize éditeurs, renouer certains contacts perdus depuis quelques années, développer la relation avec des contacts réguliers et en créer de nouveaux. J’ai également pu visiter les bureaux d’un gros groupe brésilien installé à Rio, lors d’un moment très instructif et fructueux. Et Rio s’est prolongé à Francfort avec des rendez-vous qui n’avaient pas pu avoir lieu sur place, en particulier avec de nouveaux contacts ou sur d’autres sujets avec des éditeurs déjà rencontrés.
Les éditeurs portugais, espagnols et italiens étaient présents au travers de stands nationaux ou individuels, mais je n’ai relevé aucun participant anglo-saxon. Plusieurs éditeurs argentins étaient également sur place. Les exposants se répartissaient dans trois grands halls : deux d’entre eux présentant surtout des éditeurs qualitatifs, le troisième accueillant plutôt des éditeurs mass market. S’agissant d’une foire grand public (en semaine, déferlante impressionnante de classes entières venues en bus et, le week-end, la visite en famille) et non professionnelle, tous les éditeurs ne s’y rendent pas, laissant la gestion des stands à leurs commerciaux et/ou à leurs distributeurs. J’ai regretté de ne pas avoir prévu au moins une journée à São Paulo, avant ou après, car la grande majorité des éditeurs est basée dans cette ville.
En matière d’édition jeunesse, tous les éditeurs rencontrés, sans exception, ont souligné l’importance du PNBE (Programa Nacional da Biblioteca Escolar, dont plusieurs de nos titres ont déjà bénéficié ces dernières années). Je ne peux que renvoyer à l’étude du BIEF de 2009 sur l’édition jeunesse au Brésil, toujours parfaitement d’actualité, qui m’a beaucoup servie dans l’organisation de ce déplacement.
Le Brésil est un pays incroyablement jeune et en plein essor, l’éducation et le développement culturel y sont l’objet d’une attention quasi obsessionnelle de la part du gouvernement fédéral, mais aussi des gouvernements des différents États et villes. Certains éditeurs créent d’ailleurs des départements jeunesse dans le but de présenter leurs ouvrages au PNBE et autres programmes d’aide. Quelques-uns multiplient les filiales afin de pouvoir présenter un maximum de titres à ces programmes. Les éditeurs s’intéressent à tous les genres de l’édition jeunesse, avec un accent particulier sur les albums et la fiction, le documentaire relevant de maisons plus spécialisées. Il existe également un fort intérêt pour la bande dessinée, en particulier pour l’adaptation de classiques.
En résumé, une foire extrêmement intéressante et des négociations prometteuses en cours sur de gros projets et un certain nombre de titres. Le Brésil est devenu un marché incontournable qui semble avoir un certain tropisme pour l’édition française, même si cinq éditeurs ne sont pas venus au rendez-vous. Mais j’ai appris sur place que, comme les Japonais, les Brésiliens ne savent pas dire non. Ce qui n’empêche pas le développement de relations fiables.
Anne Bouteloup travaille régulièrement avec les éditeurs brésiliens. À titre d’exemple, on peut mentionner les cessions récentes de Gallimard Jeunesse.
Dans le domaine de la petite enfance, les séries Rita et Machin (Jean-Philippe Arrou-Vignod, Olivier Tallec) et Pénélope (Anne Gutman, Georg Hallensleben) ; en fiction, Tobie Lolness (Timothé de Fombelle), Le combat d’hiver (Jean-Claude Mourlevat), Le livre du temps (Guillaume Prévost), Le monstre poilu (Henriette Bichonnnier, Pef) ; dans le genre documentaire : L’Encyclopédie des cancres, la série « Le monde d’aujourd’hui expliqué aux enfants » ; en BD, la série Aya de Yopougon (Marguerite Abouet, Clément Oubrerie), Negrinha (Jean-Christophe Camus, Olivier Tallec), Roi Rose (Pierre Mac Orlan, David B.), Akissi (Marguerite Abouet, Mathieu Sapin).
|
|
Christine Karavias (BIEF), Anne Bouteloup (Gallimard Jeunesse)
-
janv. 2012
|
|
La traduction brésilienne de Aya de Yopougon (Gallimard jeunesse)
|
|
|
|
|
|
|
|