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Les catalogues du BIEF

Après une « pause » à la fin des années 90, due à l’attractivité des sites internet, et le sentiment – finalement battu en brèche – que le papier ne pouvait cohabiter avec les fichiers numériques, le BIEF, à la demande de ses adhérents, a repris la publication de catalogues thématiques sur support papier, généralement bilingues (anglais, mais également espagnol, russe, chinois, coréen, arabe…), et consacrés à un domaine éditorial particulier : sciences humaines et sociales, BD, jeunesse, art, art de vivre, fiction, droit…
 
Au cours des trois dernières années, ce sont plus d’une trentaine de catalogues qui ont été ainsi publiés. Tous types d’éditeurs, que ce soit par leur taille ou leur domaine d’activité, ont participé à ces outils de diffusion de la production éditoriale française.
 
Ces catalogues sont diffusés sur les foires et salons internationaux du livre, comme dans les bureaux du livre des postes diplomatiques concernés par la langue étrangère utilisée.
S’il est difficile de mesurer leurs effets directs, ils sont perçus souvent comme des effets leviers pour assurer un continuum d’information sur la production éditoriale.
Compléments indispensables à la présence sur les foires et salons du livre, les catalogues thématiques se révèlent aussi un outil de travail important lors des échanges professionnels, le plus souvent bilatéraux et ciblés dans un secteur éditorial, qui se déroulent tout au long de l’année. Les renseignements qu’ils intègrent (métadonnées, résumés, à partir ou non de la fiche Electre, coordonnées de la personne responsable des cessions de droits…) sont très précieux pour les professionnels du livre étrangers, en termes de contenus et de contacts.
 
Le programme 2012 du BIEF propose déjà de nombreux catalogues qui, à la demande des éditeurs, viendront étoffer la galerie de ces catalogues accessibles sur le site www.bief.org, dans l’onglet « opérations » puis « catalogues », comme sur le site www.francelivre.org, onglet « parutions ».
 
Les catalogues du BIEF vus par les éditeurs
La publication de catalogues est l’un des volets des activités du BIEF depuis de nombreuses années. Ceux-ci ont toutefois connu des évolutions dans leur forme et leur contenu, ainsi que dans la participation des éditeurs. Nous avons interrogé certains d’entre eux*. Qu’en pensent-ils ?
 
Comment apprécient-ils leur aspect visuel et leur mode de consultation ?
L’ensemble des éditeurs interrogés semblent apprécier l’aspect visuel des catalogues. Ainsi, pour Catherine Loiselet (Bamboo) « l'objet est agréable, bien conçu, très lisible et de bonne fabrication », « agréable et clair », aussi pour Juliette Mathieu (Delcourt).
« Les catalogues sont toujours très beaux », déclare Gregory Messina (Laffont), « d’une très bonne facture », selon Hadrien Tagu (Rodin), qui mentionne aussi la qualité du papier et de la présentation.
 
D’ailleurs, selon Étienne Bonnin (Glénat), « ils donnent envie d’être feuilletés… » Christine Legrand (Libella) juge « leur aspect plutôt attrayant, la mise en page efficace ».
En ce qui concerne le mode de consultation, différent suivant les domaines, elle trouve que « le mode de classement par éditeur permet aux partenaires étrangers d’avoir une meilleure visibilité du catalogue de chaque maison et rend chaque ligne éditoriale plus visible. Cela vaut naturellement plutôt pour la fiction, car en sciences humaines et sociales, le classement thématique a tout son sens ». C’est aussi ce que souligne May Yang (Eyrolles) : « Le classement par thème pour les catalogues Sciences et Techniques est pertinent ».
De son côté, Christiane Colon (Quae) confirme que « la maniabilité et la qualité des informations sont bonnes, les modes de consultation pratiques ».
 
Ce qu’en attendent les éditeurs ?
En préambule, Gregory Messina trouve que « c'est une initiative très importante, car ces catalogues font la bonne promotion des ouvrages français » et, selon Juliette Quarini (Kaléidoscope), « ils proposent un très bon échantillonnage de la production des éditeurs français, qu’il s’agisse de catalogues généralistes ou avec une thématique plus ciblée ».
Les attentes exprimées par les éditeurs sont assez proches, quels que soient les domaines concernés. Mais la fonction le plus souvent attribuée à ces catalogues est qu’ils les représentent « là où ils ne sont pas ». Ainsi, Étienne Bonnin en attend « une meilleure visibilité à l’étranger », en particulier dans les pays où il ne se déplace pas. Même commentaire de la part de Gregory Messina : « Les catalogues sont créés pour les foires auxquelles nous n'assistons pas ». Ces catalogues semblent accompagner assez rarement leur propre prospection, ils doivent plutôt servir à explorer « de nouveaux éditeurs » (Hannele Legras, Rue du Monde) ou de nouveaux marchés.
À cet égard, Étienne Bonnin se demande « s’il ne serait pas intéressant d’avoir plus de catalogues dans des langues qui ne sont pas l’anglais (russe, espagnol, chinois, coréen, japonais), quitte à ce qu’il y ait moins de titres ».
 
De même, pour Juliette Quarini, les résumés bilingues sont efficaces et représentent une précieuse valeur ajoutée : « Je pense, par exemple, au catalogue franco-chinois complexe et franco-coréen, je n’aurais jamais pu proposer une traduction des résumés vers cette langue, et des agents m’ont déjà dit que les éditeurs asiatiques étaient sensibles à cet effort ».
En corollaire, est attendue la plus large diffusion possible, comme l’exprime Hadrien Tagu : ces catalogues « doivent être un support informatif pour un maximum de professionnels du livre sur les salons ». Ou alors permettre d’atteindre un public ciblé. Ainsi, Christine Legrand attend de ces catalogues de « pouvoir mettre un coup de projecteur spécifique sur certains livres en fonction de certains marchés linguistiques », tandis que Catherine Loiselet recherche « une mise en avant de ses ouvrages en direction d'une cible bien précise », et que Juliette Mathieu espère ainsi « attirer l’attention de professionnels sur des pans de nos catalogues qu’ils ne connaissent pas ».
 
Même commentaire de la part de Michel Jezierski (De Boeck) qui recherche « la diffusion des informations à un public professionnel spécialisé, suscitant ainsi des demandes d’achat d’ouvrages ou de cession de droits ». « Nous espérons que les éditeurs étrangers vont voir un de nos titres et être assez intéressés pour demander un exemplaire de lecture », enchaîne Gregory Messina.
 
Nous nous devons de rapporter quelques avis plus sceptiques, tels ceux de Delphine Ribouchon (La Découverte), pour qui il apparaît difficile de « faire pleinement la promotion des ouvrages de La Découverte dans un catalogue collectif », ou de Catherine Loiselet, à qui il arrive « d'en remettre à des éditeurs étrangers un peu perdus sur le marché français. Mais rien de plus ».
 
Que pensent-ils de leur diffusion ?
Les éditeurs sont, à quelques exceptions près – Michel Jezierski aimerait « obtenir plus de détails de la part du BIEF sur la diffusion dont, notamment, les listes d’interlocuteurs » –, informés de la diffusion de ces catalogues. Ils savent qu’ils sont « diffusés in situ lors des salons et envoyés à un panel d'éditeurs, libraires et bibliothécaires des pays concernés »  (Hadrien Tagu), « passant par les bureaux du livre des différentes ambassades françaises dans le monde, qui doivent les communiquer aux différents acteurs de la chaîne du livre du pays » (Christine Legrand), « distribués dans tous les salons auxquels le BIEF participe, dans les centres culturels français partenaires, ainsi que dans toutes les manifestations organisées par le BIEF » (May Yang).
 
Un mode de diffusion qui répond aux besoins de la plupart d’entre eux. « Je les vois surtout sur les stands, mais je sais qu’ils sont aussi envoyés par e-mail ou sur papier aux professionnels concernés, ça me convient », constate Juliette Mathieu.
 
Les catalogues du BIEF, un outil efficace ?
Les éditeurs le constatent : si ces catalogues sont « des outils performants » (Hadrien Tagu), les retombées directes restent encore difficiles à évaluer.
Ainsi, pour May Yang, « les retours sont difficilement quantifiables », que ce soit au niveau des droits étrangers ou de l’export. Gregory Messina fait une remarque similaire : « Nous sommes sûrs qu'un catalogue est utile, mais il n'existe pas de retours concrets pour savoir si quelqu'un est arrivé jusqu'à nous grâce à d'un catalogue ». Tout comme Annette Werther-Médou (L’Atalante) : « La première réaction des agents est positive, mais je n’ai malheureusement pas d’indications sur d’éventuelles retombées ».
 
L’approche de Juliette Quarini est un peu différente : « Au final, je pense que c’est surtout la récurrence de notre présence (même discrète) qui permet d’attirer l’attention sur nos titres. En tant que petit éditeur qui ne peut participer qu’à un nombre restreint d’évènements, il est d’autant plus important d’être représenté, que ce soit dans un catalogue ou par l’exposition de livres (comme le permet le forfait Foires du Monde du BIEF). Raisonnablement, on ne peut pas attendre de catalogues généralistes sur l’édition française qu’ils soient les éléments décisifs de la vente de nos titres ! En revanche, si rien n’est plus efficace que les rendez-vous sur les foires, la communication sur nos parutions à l’international demeure essentielle et les catalogues du BIEF font partie de ces outils qui nous permettent d’élargir notre rayonnement ».
 
Nous n’aurions pas su mieux conclure.
 
 
Parutions prévues au 1er semestre 2012
 

Annuaire d’éditeurs français - Janvier 2012
Le BIEF a réalisé en 2010 et 2011 un annuaire des éditeurs participant à l’opération "Foires du Monde". Largement diffusé au cours de l’année, il présente une centaine de maisons d’édition. Cet annuaire, à nouveau réalisé en 2012, est ouvert à l’ensemble des éditeurs adhérents du BIEF. Outil bilingue français-anglais, il permet aux éditeurs étrangers de cibler rapidement les personnes en charge de l’international dans les maisons d’édition françaises qui y sont présentées.
Tiré à 5 000 exemplaires, il sera diffusé lors des foires internationales – grand public et professionnelles – auxquelles le BIEF participera en 2012.  
 
Catalogue français-anglais de  Beaux Livres, Beaux-Arts - Janvier 2012
Ce catalogue 2012 présentera une sélection de livres d’Art et sera également ouvert aux beaux livres d’Art de vivre. On y retrouvera le classement par éditeur, suivi de la présentation d’un titre par page (avec couverture et une page intérieure) et d’un index thématique, bilingue français-anglais. Tiré à 2 000 exemplaires, ce support de promotion sera diffusé lors de toutes les manifestations auxquelles le BIEF participera en 2012, et sera envoyé aux libraires et éditeurs d’art qui ont participé aux séminaires binationaux.

Catalogue collectif français-anglais de livres de jeunesse et de bandes dessinées - Janvier 2012
Le BIEF réalise pour l’année 2012 un catalogue collectif d'ouvrages de jeunesse et de bandes dessinées, en français et en anglais. Chaque éditeur dispose de 2 ou 4 pages pour présenter sa maison d'édition ainsi que 4 ou 10 titres phares de sa production.
Imprimé à 5 000 exemplaires, ce catalogue sera diffusé sur l’ensemble des salons généralistes et manifestations jeunesse programmés par le BIEF en 2012. La sélection présentée dans ce catalogue, soit environ 250 titres, sera également exposée « physiquement » sur plusieurs manifestations ponctuelles à l'étranger.
 
Catalogue Sciences humaines et sociales anglais-français - Avril 2012
Ces dernières années, les catalogues SHS du BIEF ont été consacrés à des langues rares, en lien avec les rencontres professionnels (arabe en 2011, russe en 2010). Il a donc semblé nécessaire de programmer pour 2012 un outil de référence en anglais, permettant une plus large diffusion, qui soit utilisable dans le cadre de toutes les foires et exploitable par l’ensemble des responsables des bureaux du livre des ambassades.
 
Catalogue From Page to film - Avril 2012
La SCELF organise pour la quatrième année consécutive, au Salon du livre de Paris, un marché des droits audiovisuels. Le but de cette opération est de créer un moment privilégié où professionnels du livre et du film français se rencontrent.
En synergie avec cette action et pour l’étendre sur le terrain international, le BIEF propose à ses adhérents de participer à un catalogue collectif en anglais qui sera diffusé auprès de producteurs étrangers.         
     
Sont prévus pour le deuxième semestre un catalogue STM français-anglais et un catalogue BD français-chinois.
Jean-Guy Boin, synthèse réalisée par Catherine Fel  -  janv. 2012
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