18e Foire internationale Gaudeamus de Bucarest, une présence française dynamique
Rassemblant l’ensemble des professionnels du livre roumain, la 18e édition de la Foire internationale « Gaudeamus » de Bucarest reste la plus importante des manifestations littéraires et éditoriales de Roumanie, malgré un marché du livre encore très marqué par les effets de la crise.
Bien mise en évidence à travers son concept de « café littéraire » et une animation culturelle dynamique, la présence de la France, avec l’appui de son partenaire libraire roumain Carturesti, a tiré profit de la très forte fréquentation de la foire en révélant une véritable attente des lecteurs roumains pour le débat d’idées.
Organisé du 23 au 27 novembre 2011, au parc des expositions de Bucarest, par Radio România, ce grand rendez-vous annuel des éditeurs roumains a obtenu un succès public important. Sur cinq jours, la manifestation a réuni près de 110 000 visiteurs (103 000 en 2010) et 400 exposants. Elle a également bénéficié d’une large couverture médiatique.
Café littéraire à la française : un concept remarqué
Articulée autour du concept de « café littéraire », la présence de la France a été remarquée tant par les visiteurs que par les médias roumains. L’idée étant de recréer l’ambiance conviviale d’un café littéraire à travers un stand attractif, un supplément littéraire de huit pages réalisé en collaboration avec le journal culturel roumain Dilema Veche, des animations quotidiennes (lancements d’ouvrages, lectures bilingues et tables rondes), l’invitation de trois auteurs français et la vente d’ouvrages français via notre libraire partenaire Carturesti.
Pierre Assouline a été invité à l’occasion de la publication en roumain de Noile Mitologii (Editura ART) et de Portretul (Ed. RAO). Il a participé à deux rencontres, l’une sur le thème du blog littéraire et la seconde sur le Centenaire de Gallimard, avec Roger Grenier, éditeur de l’ensemble de l’œuvre de Panait Istrati. Gwenaëlle Aubry est intervenue sur le thème de la littérature féminine, en dialogue avec Kim Thuy, auteure canadienne d’origine vietnamienne, avant de rencontrer un groupe d’étudiants de l'université de Bucarest. En plus d’avoir alimenté les problématiques littéraires roumaines en cours, les rencontres ont suscité de réels désirs de traduction.
En parallèle à ces événements, ont été menées quatre lectures bilingues d’œuvres d’auteurs contemporains récemment traduits en Roumanie (Emmanuel Carrère, Régis Jauffret…). Animées par deux acteurs, ces lectures ont eu le mérite de faire connaître l’actualité littéraire française et d’attirer un public relativement jeune.
Des ventes encore faibles pour un pays pourtant très francophile
Près de 1 500 titres ont été présentés sur le stand de la France au cours de la foire. Le BIEF ne participant pas directement à l’événement, seule une sélection de 250 titres jeunesse envoyée par lui a pu être présentée au public. Le reste des ouvrages provenait du fonds du libraire, mais peu de nouveautés étaient exposées sur le stand.
Si le public a manifesté un réel intérêt pour la production éditoriale française, le libraire n’a pu que constater la diminution des ventes d’ouvrages en français par rapport à la dernière édition. Le contexte de crise, le prix du livre, la sélection des ouvrages, le manque de connaissance du marché français et l’absence de structuration de la chaîne de distribution/diffusion ont été autant d’arguments avancés pour expliquer la morosité des ventes.
Prochain rendez-vous au Salon du livre Bookfest (juin 2012) où la présence de la France devrait être encore renforcée.
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Bertille Détrie, Bureau du livre, Institut français de Bucarest
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janv. 2012
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