L'exposition « Parodies, la bande dessinée au second degré » proposée par la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême était traduite en turc et exposée à l'Institut français d'Istanbul, tandis qu'une rencontre professionnelle franco-turque se déroulait les jeudi 16 et vendredi 17 juin.
Compte rendu de ces journées, par Sylvain Coissard
Tandis que l’auteur Gwen de Bonneval arpentait Istanbul sur les traces de son ancêtre le comte de Bonneval, devenu Ahmed Pacha, général de l’armée ottomane après avoir déserté les troupes de Louis XV – ce destin incroyable sera relaté dans une BD à paraître chez Dargaud en 2012 –, éditeurs français et turcs se retrouvaient à l’Institut français d'Istanbul dans le cadre d’un colloque et de rencontres professionnelles très animées.
Ces journées étaient organisées par l’Institut français d’Istanbul, le BIEF, l’Agence BD (dirigée par Didier Pasamonik) et Akan Ajans (dirigée par Berrak Hadimli), principal relais des éditeurs francophones de BD dans un pays qui offre des perspectives particulièrement intéressantes. En effet, la Turquie allie une tradition de bande dessinée très forte – entrevue avec la participation de quelques auteurs turcs à l’exposition « Parodie : la BD au second degré », inaugurée le 16 juin ; une forte croissance économique, couplée à une grande stabilité politique ; une francophilie/phonie encore vivace.
C’est ainsi que la Turquie est, selon les années, le quatrième ou le cinquième marché pour la vente de droits étrangers des éditions Delcourt, comme l’a souligné Juliette Mathieu lors du colloque entre éditeurs turcs et français.
Chaque éditeur francophone représenté (Delcourt, Casterman, Mediatoon, Gallimard, Futuropolis, Sarbacane, Paquet) a pu apprécier, au cours de la vingtaine de rendez-vous "B to B" organisés par Akan Ajans, la diversité de l’édition turque – un éditeur trotskyste côtoyant une éditrice voilée – et son intérêt pour la bande dessinée, avec une prédilection pour les thèmes de la jeunesse, de la politique, de l’histoire et des adaptations littéraires.
Ces rencontres leur auront sans doute permis de prendre mieux conscience du potentiel de ce marché et de présenter de manière personnalisée les titres les plus à même d’intéresser les éditeurs turcs, optimisant ainsi le partenariat avec l’agente locale.
C’est avec de nombreuses perspectives de contrats que chacun a pris le chemin du retour, non sans une pensée pour celui qui, en arrivant à Constantinople il y a trois siècles, deviendrait lui-même, sans le savoir un personnage de bande dessinée…